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Whitehorse to Carmacks canoë trip

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Rivière Yukon, de Whitehorse à Carmacks en canoë

Il n’est pas un jour où je regrette de me retrouver là où je suis aujourd’hui. Il faudrait même être fou ou inconscient pour ne pas voir savoir contempler la vie telle qu’elle est au jour le jour. C’est un tel bonheur de se retrouver le temps d’un moment loin de tout, de pouvoir profiter du moment présent sans rien se soucier si ce n’est de sa personne et naturellement de sa sécurité.

Après réflexion, c’est déjà un gros travail et ici, au Yukon, c’est tout de même 10h00 d’activité par jour ci ce n’est plus. Pas de quoi s’ennuyer et c’est surtout 10h00 durant lesquelles je dois rester en alerte. Il ne faut pas oublier que le Yukon, ce n’est que 30.000 habitants environs pour une superficie grande comme la suède. Les ours, y sont bien plus chez eux que l’homme et on ne doit pas l’oublier. C’est pour ça que, matin comme soir, tout au long de la journée, je me traîne avec mon répulsif à ours. tantôt à ma ceinture, tantôt fixé à mon gilet de sauvetage, il ne me quitte jamais et surtout pas quand je vais faire mes besoins (désolé j’ai pas de photo de ce moment privilégié avec la nature) !

Whitehorse to Carmacks canoë trip

Ce matin, il est 8h00 quand je me met à l’eau. Déjà 3 jours que je n’ai pas donné signe de vie à mon entourage. 3 jours qui peuvent probablement leur paraître long, mais je suis tout de même équipé de mon module de géolocalisation le SPOT GEN III. Sur mon site ils peuvent suivre le petit point qui toutes les heures est censé avancer. Comme on me l’a fait remarquer, tant qu’il avance dans le sens de la rivière c’est que tout est correct. Là où il faudrait se poser des questions, c’est si il avance à travers la forêt, peut-être qu’un ours qui m’aurait dévoré se trimbalerait maintenant avec le SPOT GEN III !

Et oui on réfléchi tout seul dans son canot. Parfois avec un peu d’humour noir, parfois avec des pensées scientifiques afin de remettre en question diverse théories. C’est pas mal le cas pour le courant sur la rivière. La largeur étant large par endroit, je me suis demandé à plusieurs reprises si il valait mieux couper en ligne droite les virages par l’intérieur ou si, après vérification, il valait mieux suivre le courant qui lui, passe vers l’extérieur des virages. Et oui figurez vous que j’allais plus vite à prendre la voie la plus longue et donc l’extérieur des virages avec le courant. De ce fait, la majeure parti du temps sur l’eau je passais mon temps à scruter le courant, savoir où il va, de quel coté il est le plus rapide etc… Aujourd’hui je devrais être rendu pas mal bon dans la navigation de canot après 9 jours et 740 km dans les bras.

Regarder le courant, c’est aussi et surtout regarder ce qui se trouve sur l’eau. Et, à 10h30 environ, je vois 1 embarcation, hum, peut-être deux finalement. Oui 2 canoës avec 4 personnes en tout. Waouh, je suis pas seul. Je redouble d’effort pour finalement arriver à leur hauteur et m’accrocher à leur canot comme ils étaient déjà en train de le faire. Ainsi nous nous laissions dériver pendant une bonne demie heure.

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Pendant ce temps, j’ai fais connaissance de deux des acolytes de Martin Trahan et Caroline Côté, l’aventurier britannique Ian Finch et du photographe de renom, l’américain Jay Kolsch.. Tous les quatre ont le projet de voyager pendant plus de trois mois et 3220 kilomètres sur les eaux du fleuve Yukon, de sa source au lac Bennett, près de Whitehorse, au Yukon, jusqu’à son embouchure à Emmonak, en Alaska, dans la mer de Béring. (A la date de l’écriture de cet article ils sont à quelques jours de l’arrivée).

J’avais déjà rencontré Caroline Côté à Trois-Rivières lors de la conférence de Frédéric Dion durant laquelle il nous parlait de ses aventures et donnait des conseils pour nous autres aventuriers en phase de réaliser nos expéditions. Caroline m’avait interpellé, on c’était revu au salon du plein air a Montréal peu de temps après avec Billy Rioux lors d’une interview et j’avais par cette entremise rencontré Martin.

C’est très particulier de se retrouver ici, sur le Yukon River, à 6000 km de chez nous, au milieu de rien dans un environnement insolite. Nos émotions sont tout de même palpables et nous ne manquons pas de se raconter nos anecdotes, les animaux observé, nos mésaventures, et nos souhaits pour les jours à venir.

Carmacks arrivant dans un peu plus d’une heure, nous nous séparons, chacun à son rythme pour tout de même se suivre.

Vers 12h00, le camping de Carmacks est droit devant. Le courant est assez rapide. Si vous vous apprêtez à vivre la même aventure que moi, prenez donc les devant et retenez ceci.

Arrivé proche de Carmacks, gardez votre droite. Si vous vous y prenez trop tard vous n’aurez pas le temps ni la force de traverser la largeur de la rivière et vous arrêter au camping comme j’aurai dû le faire. Résultat, un bus de voyageur me regardait arriver depuis un long moment, et a défaut de me diriger et m’arrêter vers eux, je leur ai juste donné un signe de main prétextant que j’allais m’arrêter plus loin… Ils ont dû bien rire quand même !!

L’équipe de Pull of the North (Martin Trahan, Caroline Côté, Ian Finch et Jay Kolsch), eux, se sont tous arrêté au camping afin de déguster les fameux hamburgers et une bonne bière. J’avais rendez vous avec eux, et bien cette bière attendra peut-être Dawson City !

Moi, je me suis arrêté de l’autre coté du pont, à l’autre bout de la ville (rassurez vous, c’est juste 5 minutes de plus en canoë), sur la rive de gauche, proche du magasin général.

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Welcome to Carmacks

sources Tourisme Yukon

Carmacks, foyer de la Première nation de Little Salmon/Carmacks, se trouve à mi-chemin entre Whitehorse et Dawson City. La ville a joué un rôle important dans l’histoire du Yukon.
Baptisée en l’honneur de George Carmack, un des quatre premiers à avoir découvert de l’or au Klondike, la localité a été jadis un poste de ravitaillement en carburant pour les bateaux à aubes et un relais important sur la piste terrestre qui menait de Whitehorse à Dawson.

 

Une fois le canoë solidement amarré, la mission première est de recharger les batteries de cellulaire, GPS, les 2 appareils photos, le laptop et le power pack goal zero yeti 150. Je me suis donc tourné vers le CLSC juste devant moi. Une infirmière de Toronto qui est ici pour donner de son temps et de son expérience aux communautés m’ouvre les portes et m’autorise à installer tout mon matériel. Je suis allé faire des courses au magasin général puis de retour au CLSC, je suis allé faire un tour aux toilettes afin de me laver les cheveux, me refaire un brin de toilette afin d’être un peu plus présentable.

Une fois la partie hygiène et technique entre de bonnes mains, je me suis reposé, le cellulaire à la main et j’ai pu prendre connaissance de mes mails, messages de soutient sur ma page Facebook. J’en ai profiter pour appeler la famille, mes parents en France et donner de mes nouvelles sur Facebook via des vidéos en live que je tournais aussi souvent que je pouvais.

Le midi, heureusement que j’étais abrité car une grosse averse de pluie s’est abattue sur la ville de Carmacks. Le canot étant tout de même abrité, je ne me faisais pas plus de soucis que ca. Je m’en faisait d’avantage pour le matériel restant dedans puisqu’on avait quand même avisé que certaines personnes des communautés ne sont pas très riche ou simplement confortable dans leur richesse et ils seraient prêt a prendre le risque de voler un voyageur venu de nul part pour en revendre ses biens allant même à être violent si il le fallait. Ne voulant pas savoir si ce dire est concret ou non, je n’allais pas faire exprès de laisser visible à la vue de tous, mon équipement et matériel.

Heureusement pour moi, tout a bien été, et à 16h00 après avoir remercié l’infirmière, j’ai remis mes fesses dans le canot pour continuer ma descente du Yukon River en direction de Dawson City. Quatre jours étaient passés et j’avais parcouru la moitié du chemin.

Au nord de Carmacks, se trouvent les mythiques rapides Five Fingers, autrefois un passage très difficile sur la Yukon River pour les embarcations des chercheurs d’or. Composés de cinq impressionnantes formations verticales de roche, les rapides demandaient une excellente maîtrise du bateau, ce que ne possédaient que peu de navigateurs lors de la ruée vers l’or. Aujourd’hui, il ne reste plus que deux fingers (doigts) suite à la destruction par dynamite des autres pour faciliter le passage des bateaux à vapeur sur le fleuve.

J’avais un peu d’appréhension quant au passage de ces rapides bien que j’avais vu des vidéos sur YouTube mais finalement, rien de tel qu’une mise en situation pour vérifier par soi-même si c’est si compliqué que ça en a l’air.

J’ai pris mon temps les 500 derniers mètres, histoire de prendre des photos, d’analyser le terrain et à un moment donné de me lancer.

Comme on le dit souvent une image vaut mille mots et j’imagine une vidéo bien plus alors je vous laisse voir de quoi ça à l’air en vidéo !

Comme on peut le voir dans la vidéo, il est certain qu’une fois lancé, on ne doit plus s’arrêter. Si j’ai un conseil a donner, pagayez, pagayez fort et gardez le cap. Juste le temps de le dire et vous serez de l’autre coté. N’ayez pas peur que l’eau rentre dans le canot, elle va entrer c’est sur. Mais après tout, c’est ça l’aventure !

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21h00, le soleil commence à baisser. Aujourd’hui fût une grosse journée et je pense avoir eu le droit de pause la rame plus tôt dans la soirée histoire de profiter de toutes ces émotions. Comme j’aime bien les îles c’est sur une île un peu avant les Rink Rapids que j’accoste pour passer la nuit. Je prends le temps de profiter une nouvelle fois du paysage, je me douche dans la rivière avec mon savon bio du Dr Magic, je lave mes t-shirt, et je mange. Un castor est encore là, il doit naturellement y en avoir partout. A chacun son territoire, je le regarde, il me regarde, il plonge en claquant la surface de l’eau avec sa queue. Je souris, maintenant vous savez pourquoi…

Alors, les Five Fingers finalement? N’hésitez pas à la partager et à laisser vos commentaires…

    JOUR 6

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