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Survivre au Sentier Deux Criques

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COMMENT J’AI SURVÉCU À UNE NUIT FROIDE EN FORÊT

Avant de commencer à lire, voyez comment débuta ma randonnée deux criques en Mauricie, plus tôt dans l’après midi sinon pour la suit de mes aventures, c’est bien ici.

21h00, la nuit est belle et bien présente, la température à baissée considérablement et je dois prendre mon mal en patience dans cet abri qui sert de toilettes aux quelques randonneurs de passage.
Heureusement pour moi en hiver, les randonneurs se font rares, leur envies d’utiliser ces toilettes aussi, j’y gagne donc en « propreté » et en « odeur » !

Dans 1m carré, 2 ouvertures d’air en bas de l’abri, il n’y a pas de quoi se tourner. Il est certain que la fatigue m’a gagné, mais il est important de faire le point sur mon matériel et sur mon état physique.

Conseil: vous allez passer un certain temps dans votre abri, faites en sorte que vous vous sentiez chez vous à l’intérieur.
J’ai encore un peu plus d’un litre d’eau sur les 3 initialement pris dans mon waterpack, 2 brownies et c’est pas mal tout ce que j’ai pour manger.
Mais là j’oublis pas non plus mes pieds mouillés. J’enlève mes chaussures trempée, mes bas aussi. Dehors il fait froid et les ouvertures d’air n’aide en rien a me réchauffer !

Dans mon sac, j’ai bien sûr une trousse de secours.

Comme toutes trousses de secours de premiers soins, la trousse de secours de randonnée est vitale et indispensable. Un randonneur ne devrait pas la négliger et l’avoir constamment avec lui car la vie est remplie de bonnes mais aussi de mauvaises surprises. De plus, nul ne peut prétendre être au-dessus de tous malheurs ; l’être humain est vulnérable et est loin d’être invincible.

J’ai deux écharpes qui servent habituellement en cas de fracture. Pour le moment elles vont servir à envelopper chacun de mes pieds et ainsi les sécher. Pour les protéger du froid, j’ai vidé mon sac à dos et je les ai mis dedans !

Pour le reste du corps qui n’a pour le moment qu’un t-shirt en synthétique, une chemise et un coupe vent; rien de bien chaud mais par chance suffisamment sec.
J’ai donc pris la couverture de survie et je me suis enveloppé dedans. J’ai aussi gardé au maximum les bras et les jambes près du corps pour ainsi optimiser la chaleur corporelle.

La couverture de survie, tout le monde la connait mais est ce que tout le monde sait s’en servir? Elle à deux face dont une surface argentée et une dorée qui est réfléchissante. – Quand la surface dorée est à l’extérieur, elle protège du froid (car elle permet de conserver la chaleur de la personne, donc elle ne réchauffe pas d’elle même). – Quand la surface dorée est à l’intérieur elle protège de la chaleur (par exemple le soleil car le coté « argent » reflète ses rayons). pour ce qui est de la technique. Elle s’appelle en réalité : Couverture isothermique. Il s’agit d’un film polyester métallisé, très résistant est imperméable. Elle réfléchit 90% du rayonnement infra-rouge. Il existe des contres indications à sont emploi : Ne pas utiliser : – En cas d’orage, – Prés des matières incandescentes, – Lors d’une utilisation d’un D.S.A.

Maintenant que vous en savez un peu plus sur comment je me préparais à passer ma nuit dans la forêt, il fallait aussi penser à demain, le problème du panneau (10cm de diamètre jaune et bleu) sur le tronc m’indiquant le sentier n’étant pas résolu. Est ce que j’allais faire demi tour et repasser les 3 torrents avec leur débit d’eau inquiétant et dangereux, ou chercher encore et encore la direction  prendre.
L’option 2 cette fois ci était plus que raisonnable, je prenais un peu d’eau et mangeais la moitié d’un brownie avant de l’accoter pour m’assoupir…

Entre 21h00 et 6h00 du matin, je pense que je me suis réveillé toutes les demi-heures. Et oui je pense que la température est descendu bien en dessous de 0°C et il a été nécessaire que je me frictionne à chaque fois pour me réchauffer. bah oui quoi, on fait comme on peut. Je pensais sans cesse en même temps à ma polaire que j’ai opté de mon coupe vent et que j’ai laissé dans le coffre de la voiture !

6h10 du matin, le jour est levé, le temps est un peu plus clair, je suis fatigué, mais en pleine force psychologique. Je mange un autre morceau de brownie et de l’eau, un parfait petit déjeuner pour commencer la journée.
Oui mais la joie fût de courte durée…

Mes chaussettes, mes lacets, mes chaussures sont gelées !

Les températures froides de cette nuit n’ont eu pitié de personne, pas même mes chaussures. Mes chaussettes étaient plus raide que du carton, des lacets qui avaient l’air de baguette de bois et des chaussures dures comme une brique.
Il n’était pourtant pas question de rester ici plus longtemps. les 8km qui me séparaient de la fin de mon excursion étant encore long, je ne voulais pas passer une nuit de plus en forêt.

Le bois dehors est humide, pas de brindille, pas de papier, rien… sauf les emballages de Brownies que je garde dans mon sac et 2 petits morceaux de bois que je trouve dans l’abris qui sont secs.

Avec ma pierre à feu, j’allume un petit feu juste a coté de moi dans l’abris. Les emballages ont pu faire durer ce dernier un bon 30min, j’ai ainsi pu dégelé mes 2 chaussettes… Elles sont tout de même restées mouillées et froides !
En même temps je « cassais » autant que je pouvais la rigidité de mes chaussures pour pouvoir les mettre à mon pied. J’avais pu enfiler les chaussettes par dessus les écharpes que j’avais gardé au pied, il fallait donc maintenant que je puisse marcher…
Après multiple reprises et un peu de « forçage » les deux pieds étaient prêts à repartir !
Quand on a déjà la tête, c’est déjà un bon point de départ…

Je sors dehors, on dirait que je marche avec 2 seaux d’eau gelée. Non sérieusement, c’est exactement la même sensation. Je la conseille à personne.
J’me dit qu’en marchant le sang va circuler et finalement j’aurai la même sensation qu’hier soir en arrivant, simplement des pieds humides !

Après avoir refais mon sac, rangé mes affaires, nettoyé mon passage si futile soit il dans cet abris qui à probablement changé bien des choses dans le dénouement de mon histoire, je repars plein de force dans la dernière moitié de mon aventure sauvage.

Finalement le panneau indicatif était plus bas près du lac mais bien trop escarpé pour être emprunté de nuit au risque de tomber dans l’eau ou se briser quelque chose.
Le retour au parking a duré quand même près de 3h00.
3h00 de marche bien plus tranquille que la veille, sans grande difficulté, que ce soit la neige fondue, des rivières à traverser, ou un chemin perdu.

Alors que je me changeais cette fois ci avec des affaire sèches, propres et chaudes, une voiture arriva la fenêtre baissée, le soleil chauffant et me demanda « Tu pars en randonnée, tu vas avoir beau temps c’est bien ».
– « non monsieur, j’arrive tout juste, ça fait 19h00 que je suis parti »…

Voilà le récit de mon aventure sauvage sur le Sentier Deux Criques qui ne devait durer que 7h00 !

Les parc nationaux ont une date d’ouverture et de fermeture. Outre-passer ces dates et emprunter les sentiers est à vos risque et périls !

Et vous, qu’auriez vous fait à ma place durant la nuit, racontez moi?

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