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Randonnée Deux Criques

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RANDONNÉE AU PARC NATIONAL DE LA MAURICIE

Lorsque la journée débuta, tout semblait aller se passer comme prévu. Mais à cette période ci de l’année, la nature en a décidé autrement…
Voici le récit de ma journée d’une randonnée qui dura 19h00.

14h00, j’arrive au parking Mékinac qui donne accès au sentier Deux Criques dans le parc national de la Mauricie.
Un couple est présent sur les lieux et revient d’une randonnée. Parfait, je leur demande comment sont les sentiers. Apparemment tout est beau, il y a encore un peu de neige, ce qui devrait demander un peu plus d’effort.
Qu’importe, pour moi le sentier des deux criques est donné pour 7h00 de marche, j’ai déjà prévu de finir la randonnée de nuit, je passe même le mot comme quoi je serai de retour vers 21h00.

Donnez toujours à vos proches ou amis les infos sur l’endroit où vous partez et une heure approximative de votre retour… On a tous en tête le film 127 heures, on veut pas que ça nous arrive !

Alors c’est sur ces belles paroles, un beau ciel et une température de 12°C que je rentre dans le vif du sujet, une randonnée de 17km.

Un peu d’info sur ce fameux sentier Deux Criques:
Un des plus beaux et plus exigeants sentiers du parc. Il est prévu de voir les chutes du ruisseau du Fou et plusieurs belvédères qui offrent des points de vue à couper le souffle.
Ça promet de belles photos et de belles prises de vue avec la GoPro.

Voici la carte du sentier

Les premières cotes, les premières neiges, et toujours de somptueux panoramas. Oui mais, la neige qui commence à fondre sérieusement par en dessous et laissant en surface qu’une fine couche de neige vous prend finalement au piège à chaque pas que vous faites pour vous bouffer la jambe jusqu’à mi-tibia.

 

En début de randonnée, c’est pas bien fatiguant mais tout de même, les appuis, et les muscles le ressentent fortement… Alors on va faire attention ! Les passages où des escaliers de bois nous sont proposés, n’espérez même pas les empreinter, la glace est encore dessus prêt à vous offrir votre pire dégringolade !

Malgré ces petites mises au point pour cette fin de saison hivernale, le sentier deux criques reste mon plus beau sentier du parc de la Mauricie.  Si vous doutez encore, il y a juste à voir mon premier point d’observation, le Lac Rosoy (K) (oui j’ai pris le sentier en sens inverse) ou le point suivant, (J).

A ce dernier point, il est déjà presque 17h à ma montre, bon ok, je m’arrête souvent pour les photos, fais quelques bidouillages pour mes prises de vues vidéo mais quand même, j’avance bien moins vite que la fois dernière quand je l’avais fait en octobre 2013.

Tout allait quand même bien, tout se passait bien jusqu’au moment ou devant moi, la montagne m’offre sa fonte de neige avec une intensité des plus déconcertante! Oui en gros, un torrent avec un débit d’eau important. Mais là il est pas question de faire demi tour. Alors je m’avance et prends connaissance des lieux.

Lorsque vous vous trouvez en face d’un problème de taille, ne paniquez pas, de foncez pas tête baissées. Faites un état des lieux et commencez à réfléchir à vos options.

En ce qui me concerne, il y a quand même bien 2 mètres de large, un débit où il ne vaut mieux pas tomber, surtout que sur ma droite c’est la chute libre si je glisse.
Là pour le coup, j’ai visualisé tout ce qu’il y a devant moi. Mes options? traverser ici ou ailleurs plus haut.

J’ai pris l’option 1, traverser ici, droit devant moi. L’eau coule fort, la neige et la glace me cache probablement un trou qui, cédant, me ferai tomber le pied à l’eau. La suite, je pense que vous pouvez l’imaginer.
Prenant mon courage à deux mains, enfin à deux pied, je tâte le terrain, prends tout ce que je peux pour m’agripper et m’assurer un semblant de sécurité.
J’ai un pied stable… j’y vais !
1, 2 je m’expulse de l’autre coté avec une montée d’adrénaline pour retomber sur un gros rocher… Ouf !
c’est pas passé loin.

Je continue mon ascension en espérant ne plus tomber sur ce genre d’obstacle.
Un peu plus loin, au point d’observation (I), c’est la relâche, toutes ces aventures demandent malgré tout de l’effort et je prends une pause, à manger, et bois un peu d’eau.

Le saviez vous: En randonnée pédestre, on se déshydrate assez rapidement et sans s’en rendre compte. Boire régulièrement sans attendre d’avoir soif est une bonne habitude à adopter. Lors d’un effort physique intense, la quantité d’eau perdue (sueur) s’élève à environ un litre par heure. Même en hiver lorsqu’il fait froid, l’air est souvent sec et votre corps s’assèche en réchauffant l’air qui entre dans vos poumons. Il faut donc éviter de se déshydrater.

Je vais passer les points d’observations (H) et (G). Le temps est plus sombre maintenant, j’en suis obligé de prendre ma lampe frontale. La température aussi à pas mal chuté, Mon coupe vent par dessus mon t-shirt et ma chemise est plus que bienvenue.
Une chose que j’avais omis de prendre en compte à cause de la neige encore présente en surface mais fondue en dessous, c’est qu’elle a laissé place à des flaques d’eau.
A chaque fois que je m’enfonçais, c’est a chaque fois de l’eau qui imprégnait mes chaussures. Bien que résistante à l’eau jusqu’à un certain point, ce dernier à été dépassé à plusieurs reprises quand j’avais de l’eau jusqu’à la cheville.

Il est 19h00, j’ai les pieds tous mouillés, les chaussures et les chaussettes dans le même état…

Continuant encore un bout jusqu’au point (F), je me retrouve devant un dilemme encore une fois. Je ne vois plus de petit panneau m’indiquant le sentier. Les arbres sont couchés au sol du au froid intense qui a sévit tout l’hiver, et les sentier est par moment invisible… La nuit ne m’aidant pas, je me voit à essayer dans divers directions de trouver ce fameux panneau sur les troncs qui m’indiquent la bonne direction.

Je pense avoir essayé quasiment toutes les directions possibles dans le noir le plus complet. Il est rendu 20h30, je n’ai d’autre choix que de me résigner à dormir dans la forêt ce soir. C’était pas prévu mais dame nature en a décidé autrement. Au moins j’aurai un beau couché de soleil !!

La règle en survie est d’abord de lutter contre ses angoisses et surtout de garder le moral. Dans un premier temps il faut : S’abriter, faire un feu, établir un plan de secours. Faire le point et se fixer des objectifs pour le lendemain. S’occuper l’esprit. Ce qu’il ne faut pas oublier c’est : S’appuyer sur son mental et la volonté de s’en sortir. Se baser sur ses connaissances: milieu, climat, animaux, piège, dangers qui peuvent survenir, technique de survie. Sur votre matériel: pour vous nourrir, à faire des abris, progresser et lancer un S.O.S au besoin.

Dans mon cas, on peut dire que je suis perdu (je ne sais pas quelle direction prendre, alors encore un conseil:
1/  Si vous croyez vous être égaré, ne vous affolez  pas.
„2/ Ménagez vos forces
„3/ Conservez votre chaleur pour éviter l’hypothermie :
„4/ Si vous ne savez pas dans quelle direction aller,  restez sur place.

C’est bien ça que j’ai mis en place hier soir avec pour abri un simple toilette !

 

Lisez la suite de mon aventure sauvage sur le sentier des deux crique.

Et vous, qu’auriez vous fais à ma place, racontez moi?!

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