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Quoi mettre dans sa trousse de secours de randonnée?

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TOUJOURS PARTIR EN RANDONNÉE AVEC SA TROUSSE DE SECOURS

Il faut savoir que le contenu de la trousse de secours est quelque chose de très personnel. Personnel, dans le sens où ça dépend vraiment de chaque personne. En plus de chaque personne, ça dépend de chaque randonnée.
Je ne voulais pas non plus vous pousser à prendre trop ou trop peu de matériel – car le problème est le même que pour le reste du matériel – c’est une question de compromis : on veut assurer sa sécurité et son confort tout en essayant de minimiser le poids de son sac à dos.

A vous de l’adapter en rajoutant ou en enlevant des éléments en fonction de vous et des conditions dans lesquelles vous randonnez.

Le contenu de la trousse de secours dépend :

  • Des conditions de la randonnée (durée, difficulté, éloignement, accès aux secours, seul ou en groupe…). Il y a une différence entre marcher sur un GR en France pendant la saison estivale où vous avez des chances de croiser quelqu’un et où les secours sont raisonnablement accessibles et être seul dans le désert dans un pays étranger où vous ne pouvez compter que sur vous-même s’il vous arrive un problème. Le contenu de la trousse de secours ne sera donc pas le même.
  • Des risques que vous êtes prêt à prendre et à ne pas prendre et du confort que vous voulez. Par exemple, est-ce que vous préférez risquer une petite infection et ne pas prendre d’antiseptique ou en prendre au cas où ? Est-ce que vous vous préférez emporter des antidiarrhéiques et être tranquille en cas de problème ou ne rien emporter et vous dire que ça ne vous tombera pas dessus ou que vous vous débrouillerez avec les « désagréments » en cas de problème ? Idéalement, on aimerait avoir une solution pour tous les risques potentiels, mais le problème est que le poids de la trousse de secours augmente rapidement. Il faut donc déterminer les risques et conséquences probables et trouver un compromis.
  • De la manière dont vous vous soignez – qui est très différente d’une personne à une autre. Certaines personnes désinfectent par exemple systématiquement toutes les plaies, d’autres le font très rarement. Certaines utiliseront donc systématiquement un antiseptique, d’autres utiliseront du savon ou attendront le retour. De la même manière, certaines personnes sont habituées à un certain produit, d’autres personnes à un autre…
  • De votre condition physique et de votre santé. Certaines personnes ont besoin de prendre plus de précautions et auront une trousse de secours plus fournie.
    Note : Si vous avez une santé fragile ou une condition physique médiocre et si vous souhaitez vous lancer dans la randonnée, il est préférable d’en discuter avec votre médecin au préalable. Il pourra également vous aiguiller sur la constitution de votre trousse de secours – même s’il y a des chances que ce ne soit pas léger ;-).
Une histoire de compromis pour assurer sa sécurité et son confort

Maintenant que nous avons vu de quoi dépend le contenu de la trousse de secours de randonnée, voyons comment constituer la vôtre. Selon moi, une trousse de secours doit contenir :

  • Les éléments qui peuvent permettre de faire face à une situation d’urgence (ex : une hémorragie, une fracture, une grosse brûlure, etc.). Dans ce cas, le but est de maintenir la personne en vie, sans qu’elle ne souffre trop, jusqu’à ce qu’elle soit prise en charge par des « vrais » secours ou par des professionnels (sur le lieu de l’accident ou dans le lieu où la personne aura été évacuée).
  • Les éléments pour faire face aux petits bobos fréquents (ex : ampoules, coupures, échardes, etc.). Le but est ici de ne pas gâcher sa randonnée ou de devoir l’arrêter à cause d’un petit bobo. Bien évidemment, ça dépend si vous êtes douillet ou pas.

Il faut ensuite faire un compromis entre le poids de la trousse de secours et ce qu’on emmène. Il faut essayer de pouvoir faire face à un maximum de situations d’urgence et de petits bobos tout en gardant une trousse de secours raisonnable. C’est sûr qu’en cas de problème une civière serait pratique par exemple, mais ce n’est pas pour autant que l’on va en prendre une en randonnée. A chacun de trouver un bon compromis ! Il faut toujours penser à ce qui est fréquent et probable. Par exemple, il n’est sûrement pas utile de prévoir le nécessaire en cas de problème nucléaire ou de maladie extrêmement rare.

Liste contenu trousse de secours de randonnée

Comme je l’ai expliqué plus haut, j’ai préféré vous donner une liste modifiable en fonction de ce que nous venons de voir plutôt que pas de liste du tout. Ça permet de vous donner une idée si jamais vous êtes un peu perdu.

Cette liste est plutôt faite pour des randonnées de plusieurs jours dans des pays « développés » et dans des endroits qui ne sont pas extrêmement isolés – c’est-à-dire où les secours sont raisonnablement « accessibles ». Par exemple, ce n’est pas une liste qui serait très adaptée pour des expéditions ou des randonnées dans des pays avec peu de moyens de secours et médicaux. Dans ce cas, référez-vous plutôt à des sites de voyage et discutez-en avec des spécialistes qui pourront vous aiguiller et vous prescrire certains éléments.

Pour les randonnées à la journée, vous pouvez emporter la même trousse de secours ou enlever tout ce qui n’est pas nécessaire (les éléments servant aux soins qui pourront attendre votre retour chez vous).

J’ai tendance à ne pas faire trop de différences entre le contenu de ma trousse de secours pour des randonnées à la journée et pour des randonnées de plusieurs jours.

J’ai une trousse de secours de base qui me sert pour les randonnées à la journée, l’escalade et autres activités de plein air. Elle est assez complète tout en restant légère. Avant chaque sortie je pourrais optimiser son poids, mais je ne m’embête pas sachant que je suis déjà léger pour des sorties à la journée. Et ça m’évite surtout de refaire ma trousse de secours avant chaque sortie.

Généralement, je l’allège un peu pour les randonnées de plusieurs jours en optimisant les emballages, les quantités et en prenant des éléments à utilisation double. Pour une longue période, si je vais dans un endroit vraiment isolé ou en voyage, je rajoute généralement certains éléments.

Voici la liste :

  • Pince à épiler – pour retirer les échardes, épines et corps étrangers.
  • Aiguille – pratique pour retirer une épine une fois désinfectée. Peut faire partie du kit de réparation.
  • Petite paire de ciseaux – pratique pour couper les compresses, bandages et éventuellement la peau et la chair si nécessaire (une fois désinfectée). Peut faire partie du kit de réparation.
  • Tire-tiques – pour extraire les tiques en « douceur ». Pas pour elles, mais pour nous – afin d’éviter qu’elles n’injectent trop de toxines pendant l’opération.
  • Gants en nitrile (éventuellement latex si pas d’allergies) – pour ne pas contaminer un blessé ou ne pas vous contaminer. Attention si vous utilisez des gants en latex de ne pas toucher une personne allergique. Pensez toujours que vous pouvez être amené à secourir une personne que vous ne connaissez pas.
  • Ruban adhésif – pratique pour les ampoules, les petits bobos, fermer une plaie ou faire tenir des compresses ou bandages. Peut faire partie du kit de réparation.
  • Epingles à nourrice – pratiques pour retirer une épine (une fois désinfectées) ou faire tenir des bandages. Peut faire partie du kit de réparation.
  • Couverture de survie.
  • Carnet ou feuilles de papier + crayon – par exemple pour écrire l’heure de pose d’un garrot (j’en profite pour rappeler qu’un garrot ne se pose qu’en dernier recours, ça ne se pose pas à tout-va comme dans les films). Ça vous évitera d’écrire cela avec le sang de la personne blessée sur son front (technique apprise dans des formations aux premiers secours). Peut être ailleurs que dans la trousse de secours.
  • Petit mémo premiers secours. Ce n’est pas indispensable si vous avez tout en tête, mais ça peut être pratique en cas de panique. D’autant plus, qu’on ne sait jamais comment on peut réagir face à une situation d’urgence avant d’y avoir été confronté.
  • Pansements anti-ampoules.
  • Pansements de tailles diverses.
  • Compresses de gaze stériles de plusieurs tailles.
  • Bandages de plusieurs tailles/formes.
  • Compresses stériles de plusieurs tailles.
  • Antiseptique – pratique en petits flacons ou sachets. Le savon est une bonne alternative.
  • « Sérum » physiologique – pour laver les plaies, les yeux, le nez, les oreilles, etc. Pratique en petit flacon.
  • Collyre/gouttes ophtalmiques – pour nettoyer les yeux – pratique en petit flacon. Le « sérum physiologique » est une bonne alternative.
  • Aspirine, paracétamol et/ou ibuprofène. A savoir qu’il est possible de combiner les actions de ces produits (consultez les notices). Ce sont tous les trois des antidouleurs, mais il faut savoir que l’aspirine fluidifie le sang et que l’ibuprofène a un effet anti-inflammatoire.
  • Antidiarrhéiques.
  • Médicaments personnels/habituels si vous en avez. Exemple : pour le diabète, l’asthme, les problèmes de tension, les allergies, etc.

Notes :

  • J’ai souvent également quelques pastilles désinfectantes pour l’eau dans ma trousse de secours au cas où. Cliquez ici pour lire l’article sur ce sujet.
  • Pour vous donner une idée de poids, la trousse de secours minimaliste que j’avais sur le GR20 pesait moins de 200 g environ (voir ici la liste de matériel).
  • Vous pourrez télécharger en bas de l’article un fichier excel pour gérer votre trousse de secours.

Quelques recommandations ! (Presque plus importantes que la liste)

Voici quelques recommandations par rapport à la liste que je vous ai présentée au-dessus :

  • Servez-vous uniquement de médicaments et produits que vous connaissez et savez utiliser. N’expérimentez pas un nouveau produit sur le terrain, il se peut que vous ne le tolériez pas. C’est également valable avec vos coéquipiers, ne leur donnez jamais de médicaments sans savoir s’ils y sont tolérants. Le mieux est de faire le point là-dessus avant de partir pour éviter les mauvaises surprises.
  • Sachez à quoi servent chacune des choses que vous avez dans votre trousse. Quand on veut partir léger, on a tendance à ne garder que le minimum et le nom d’un médicament n’est pas toujours « parlant ». Par exemple, il m’est arrivé de me demander si un flacon dans ma trousse de secours était une solution pour se laver les yeux. Dans le doute, je ne l’ai pas utilisé, et heureusement, c’était un antiseptique – ça aurait sûrement piqué. ;-)Emportez les notices ou ayez une feuille avec des notes pour savoir à quoi correspond chaque produit et quelle est leur posologie.
  • Vérifiez de temps à autre les dates de péremption des différents éléments de votre trousse de secours car c’est quelque chose que l’on a tendance à oublier. A l’écriture de cet article, j’ai d’ailleurs trouvé des cachets d’aspirine d’un grand cru – périmés depuis 2,5 ans.
  • Quand vous utilisez un élément de votre trousse de secours, veillez à le remplacer et/ou le nettoyer si nécessaire.
  • Pensez à protéger le contenu de votre trousse de secours des intempéries. Ça peut être une bonne idée de le mettre dans un sac étanche ou tout simplement dans un sac congélation.

Maintenant, voici deux recommandations presque plus importantes que la liste elle-même :

1. Il est important d’avoir une trousse de secours bien préparée, mais il est selon moi beaucoup plus important d’être bien formé aux premiers secours et de savoir comment réagir face à des situations d’urgence. Je vous recommande donc fortement de vous former, il serait « dommage » de ne pas pouvoir porter assistance à une personne par faute de connaissances.

2. Une trousse de secours n’est pas la solution miracle qui vous permet de prendre tous les risques imaginables. Je vous rappelle qu’il vaut mieux prévenir que guérir et qu’il est important de prendre toutes les mesures de sécurité nécessaires pendant une randonnée (et sa préparation). Je vous invite notamment à lire l’article « Une habitude qui peut vous sauver la vie en randonnée » si ce n’est pas déjà fait.

Maintenant que vous savez quoi mettre dans votre trousse de randonnée, sachez aussi Comment prévenir l’hypothermie.

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